
<!-- Europe occidentale de -2600 à -1900 -->

La culture <b>campaniforme</b> (-2900 à -1900, -2600 à -1600 dans les îles Britanniques), est nommée d'après la forme des gobelets en forme de cloche renversée. On la trouve du Sud de l'Espagne aux bords de la Vistule, de l'Ecosse à la Sicile. Cette culture est une énigme pour les préhistoriens depuis bientôt 150 ans : qui étaient les campaniformes, d'où venaient-ils, comment s'est passé la rencontre entre eux et les populations préexistantes, quel mode de diffusion, y-a-t'il seulement un "peuple" campaniforme ? Autant de sujets qui divisent les spécialistes. Outre le vase en forme de cloche, richement décoré, on trouve dans les sépultures contenant du campaniforme plusieurs objets typiques : pendentif en forme de croissant de lune en os, boutons perforés en "V" en os, pierre ou ambre, perles et tortillons en or, poignards triangulaires en cuivre, équipement d'archer dont des brassards en pierre ou os, ainsi qu'une céramique à usage domestique, plus grossière que celle d'apparat.<br>
Trois théories s'affrontent pour l'origine du campaniforme. La première fait migrer pendant trois siècles le campaniforme du Sud du Portugal aux îles Britanniques, où elle se maintient plus tardivement. La diffusion se fait le long des côtes et des fleuves. Cependant de vastes zones restent imperméables à ce phénomène (Massif central, Bassin parisien …). Une autre théorie, plus ancienne, fait du campaniforme une culture dérivée de la céramique cordée et propose une diffusion du Nord vers le Sud. Enfin Marija Gimbutas fait le lien entre le campaniforme et les indo-européens, le faisant venir de l'Est de l'Europe. L'interprétation de la diffusion est divergente aussi. Pour les uns il s'agit d'une migration massive avec remplacement des populations. Aujourd'hui seule la Grande-Bretagne présenterait cette situation. Pour d'autres il s'agit d'une diffusion culturelle de proche en proche d'un modèle qui séduit. Le débat est loin d'être tranché et tous les mois de nouveaux travaux sont publiés. En particulier des travaux en génétique des populations néolithiques, sont venus bouleversés les hypothèses précédentes.
